De la forêt originelle, la Silva Pertica, il ne subsiste que quelques
reliquats en raison de l'action de l'homme.
La forêt se localise sur les sables du Perche et l'argile à silex
des plateaux et hauteurs. Les massifs les plus célèbres appartiennent
à l'Etat. La notoriété de ces forêts domaniales provient
essentiellement de la qualité des chênes,
notamment en forêt de Bellême et de Réno-Val-Dieu. Quelques
chênes, précieusement conservés, atteignent 350 ans, tout
particulièrement dans la série artistique du massif de Réno-Val-Dieu.
Le chêne pédonculé (quercus robur) n'est qu'accessoirement
présent dans les grandes forêts, il est remplacé par le
chêne sessile (quercus petraea) plus souple devant les exigences
de la sylviculture.
Le hêtre, le charme, le bouleau, le châtaignier se rencontrent surtout
dans les taillis
sous futaie.
Les résineux sont en général sur les terrains pauvres inaptes
à la culture des feuillus. L'enrésinement a, après une
coupe à blanc, souvent été choisi par les propriétaires
privés en raison d'un cycle de vie court par rapport à celui des
feuillus.
Les forêts ont toujours eu dans le Perche un rôle économique
important. Dès le Moyen Âge, elle fait vivre de nombreux métiers
et offre aux troupeaux des pâturages. Elle fournit la nourriture des hommes
et des animaux, le combustible domestique et artisanal pour les fonderies, forges,
verreries, briqueteries, tuileries,
poteries... Elle fournit aussi de nombreux emplois, gardes, marchands, officiers
du roi, fendeurs, scieurs de long, charbonniers, bûcherons...
A partir du XVIIIe siècle, les besoins
en bois pour les chantiers de la marine conduisent à gérer, cultiver
la forêt afin d'assurer une production. En 1669, Colbert réforma
et organisa la gestion des forêts.
Avec la proto-industrie, puis l'industrialisation du XIXe siècle, les besoins en charbon de bois augmentent considérablement
afin de produire la fonte puis le fer. Il faut alors couper 80 à 100
ha de bois pour une production annuelle de 250 à 300 tonnes de fonte.
Heureusement pour nos forêts, le charbon de bois est remplacé vers
1860 par le charbon de terre. Parallèlement, l'apparition des constructions
métalliques de navires, de la vapeur fait disparaître les mobiles
qui avaient guidé Colbert. En 1824, le gouvernement royal crée
l'Ecole des Eaux et Forêts de Nancy dont les méthodes permettront
un aménagement de magnifiques forêts de chênes de très
haute qualité.
De nombreuses rivières prennent leur source dans les collines du Perche,
contribuant ainsi au façonnement des bassins versants. Ayant atteint
leur profil d'équilibre ces rivières paressent de méandre
en méandre. L'Huisne, principal cours d'eau du Perche, après un
écoulement ouest-est, s'oriente plein sud pour confluer avec la Sarthe
au Mans. Le chevelu hydrographique est dense dans le Perche et a contribué
au développement de la proto-industrie, fournissant la force motrice.
De nombreuses rivières détournées par des canaux de dérivation
alimentaient des chutes d'eau équipées de roues actionnant les
premières machines industrielles.
Plus traditionnellement, les lavoirs construits sur les rives accueillaient
les lavandières. Dans certains lavoirs, le plancher s'ajustait aux variations
de niveau des rivières, facilitant, par toute saison, le travail des
lavandières percheronnes.
De nombreux étangs jalonnent le Perche. Naturels ou artificiels, ils
constituent de riches niches écologiques à préserver.
Les Amis du Perche
