Ouvrage de 372 pages dont 16 pages hors texte en quadrichromie, format 14 x 21,5 cm, impression sur papier offset centaure blanc 90 g, broché dos carré collé cousu.

Onésime Blanchard est un de ces personnages oubliés de l'histoire et pourtant « en quête d'auteur », tant leur vie, dans sa simplicité même, est aussi significative de leur époque que les destins de leurs grands contemporains. Né sur les bords de la Loire au crépuscule de la Monarchie de Juillet, sa vocation sacerdotale le conduisit d'abord dans un vicariat à Mondoubleau, vite interrompu par la guerre de 1870-71.
Aumônier volontaire des moblots, les soldats du 75e régiment de la Mobile du Loir-et-Cher, il vécut intensément la fureur des combats, les affres de la défaite, adoucissant les derniers instants de nombreux jeunes compagnons fauchés par le feu ennemi ou rongés par la variole.
La paix revenue, il suivit son destin de petit curé de campagne à Moisy, au cœur des interminables horizons de la Petite Beauce. Il y créa un patronage, œuvre pionnière en milieu rural à cette époque, ce qui lui valut de présenter son expérience devant des centaines de délégués lors des congrès nationaux de l'Œuvre des Cercles catholiques ouvriers, fondée quelques années plus tôt par Albert de Mun et René de La Tour du Pin.
En 1879, l'abbé Blanchard reçut une nouvelle affectation, à Souday, dans le Perche vendômois. Il y resta jusqu'à la fin de ses jours, une trentaine d'années plus tard. Et pourtant…Ce fut alors, comme dans beaucoup de villages, un paroxysme de l'affrontement entre cléricaux et anticléricaux : tout faisait prétexte, l'important n'étant pas l'étincelle mais le brasier qui s'ensuivait. À Souday, la lutte fut d'autant plus rude que le curé au caractère bien trempé trouva en face de lui un maire anticlérical du même acabit. Chacun ne rêva que de chasser l'autre et cependant ils vécurent un quart de siècles ensemble ! La grande affaire fut assurément la guerre des processions dont les échos remontèrent jusqu'à la Chambre des députés et dans les cabinet ministériels ; l'extrême tension voisina avec le pittoresque : Don Camillo et Peppone ont certainement vécu à Souday avant de se réincarner dans le 7e Art…
Pour les habitants et les amis du Perche, Onésime Blanchard c'est aussi un ouvrage, Perche et Percherons, véritable chant d'amour érudit en l'honneur de paysages et d'hommes qui lui semblaient nourris d'une sagesse ancestrale. Si tout n'est pas dit ici, c'est qu'il vaut mieux lire le livre - préfacé par le professeur François Lebrun - qui révèle un destin aussi attachant que méconnu.

Publications des Amis du Perche

LE MOBLOT DU CHRIST